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Rencontres en France : une année particulière

17/12/2020

De Brest à Metz et de Lille à Nice, nous avons interrogé les responsables des centres de congrès français pour avoir leur regard sur cette année à nulle autre pareille. Et leur demander comment ils envisageaient l’avenir…


©Atlantia La Baule
©Atlantia La Baule
Annulé », « annulé », « reporté », « annulé »… Ces derniers temps, la lecture des agendas des centres de congrès de France n’est pas des plus réjouissantes. Et celle des comptes de résultat ne risque pas vraiment de regonfler le moral. 40, 50, 60 voire 80 % de perte de chiffre d’affaires : inutile de comparer les dégâts sur l’échelle de Corona destination par destination, pour une année qui aura de toute façon été catastrophique pour tout le monde. Et pourtant, elle avait tellement bien commencé…

« 2020 s’annonçait extrêmement positif, se souvient avec nostalgie Christophe Conte, directeur d’Agen Expo Congrès. Mi-février, nous avions déjà atteint notre objectif de programmation pour l’année ! » Un témoignage qui n’a rien d’exceptionnel : la plupart des responsables de centres de congrès de France que nous avons interrogés évoquent un démarrage en trombe qui laissait espérer un cru formidable. Mais le millésime a tourné en piquette dès le mois de mars et rien ne poudroie à l’horizon pour annoncer un regain significatif. Plus personne n’est sûr de rien pour les semaines, les mois et les trimestres à venir.

Salon à Nice Acropolis
Salon à Nice Acropolis

Sur quel pied danser ?

Le manque de visibilité : voilà bien le principal responsable de ce douloureux patinage. « On vit à la semaine et nos clients aussi, constate Carine de Reymaeker à Nice Acropolis. Le problème, c’est de ne pas avoir de perspectives et d’être dépendant de décisions de très court terme. Ce n’est pas compatible avec les usages de l’événementiel, où les bons de commande sont généralement signés plusieurs mois à l’avance avec les prestataires. »

Le souci est le même à l’autre bout de la France pour Philippe Blond, directeur général de Lille Grand Palais : « Ce manque de visibilité fait que les organisateurs commencent maintenant à annuler à 6 mois. Cela envoie des signaux négatifs à tout un écosystème. » Difficile dans ces conditions d’instaurer le climat de confiance propice à la reprise. « Le premier semestre 2021 me paraît déjà bien mal engagé, regrette Michel Coqué, directeur général de Metz Événements. Sur le calendrier, la programmation paraît plutôt favorable mais le problème, c’est de concrétiser l’engagement des exposants. Ils disent “on viendra” mais ne signent pas le chèque d’acompte. Et dans ce métier, tant qu’on n’a pas de chèque d’acompte, rien n’est sûr… Impossible de lancer les frais de publicité ou les commandes techniques si l’on n’a pas une vision à peu près claire du nombre de participants. »

Dans ce flou très peu artistique, les décisions des pouvoirs publics sont souvent mises en cause. Dès le début du premier confinement, on a vu monter au créneau les principales associations et fédérations de l’événementiel (Coesio, LEVENEMENT, Synpase, Unimev…) pour souligner l’importance du secteur en termes économiques mais également la nécessité de signaux forts pour assurer les bases de sa relance. Mais les changements de pied et de calibrages permanents ont fini par déstabiliser les plus optimistes. « Le plus pénible, c’est la modification permanente des règles du jeu. Nous ne sommes pas une activité on/off. Notre métier, c’est de se projeter à 6 mois, un an, deux ans… Et en ce moment, il est difficile de se projeter à plus de 15 jours. Résultat : on passe notre temps à faire des devis qui sont annulés », regrette Christophe Conte à Agen.

« Bien sûr, ce n’est pas simple et, dans d’autres pays, on tâtonne tout autant, concède Carine de Reymaeker à Nice. Mais à l’évidence, les décisions sont souvent déconnectées de la réalité du secteur. Par exemple, quand on dit “les expositions sont interdites” : quid des congrès qui ont une partie expo ? Pareil quand on dit “les salons sont interdits” : parle-ton des salons pro ou grand public ? Ce qui est annoncé n’est pas toujours clair, il y a souvent des doubles lectures possibles. »

Cette incertitude ne fait pas seulement rouler en boule les responsables des plannings des centres de congrès ; elle crée surtout une véritable paralysie chez les donneurs d’ordres. « Les décideurs ne décident plus, constate Arnaud Combes, directeur commercial d’Auvergne Events. Ils sont coincés entre la peur de mettre leurs collaborateurs en contact avec le virus et l’incertitude quant à la possibilité de pouvoir bel et bien tenir leur événement.»

À Lille,Philippe Blond renchérit : « Même si leur événement n’est pas interdit, il y a un tel climat d’anxiété que les organisateurs préfèrent annuler. » Une cascade d’annulations d’autant plus rageante que tous ces acteurs ont le sentiment d’avoir vraiment tout fait pour se mettre au carré sur le plan sanitaire.
 
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