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Événements & Conventions

Œnotourisme : la culture en partage

Marie Denaincourt
15/05/2019

Avides d’expériences nouvelles et grands consommateurs de culture, les oenotouristes cherchent à donner plus de sens à leurs séjours. Quelles sont aujourd’hui en France les propositions des professionnels en la matière ? Le point avec Événements & Conventions sur ce tourisme d’aujourd’hui et de demain.


Ils étaient 800 professionnels des filières viticoles et touristiques réunis en novembre dernier au palais des Congrès de Paris lors des premières « Assises nationales de l’oenotourisme » organisées par Atout France, en lien avec le Conseil supérieur de l’oenotourisme (CSO) et à la demande de Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

Preuve, s’il était besoin, que cette filière, qui a fédéré 10 millions d’amateurs en 2016 (+33 % par rapport à 2009) pour un volume de recettes estimé à 5,2 milliards d’euros, sait encore se renouveler. La barre des 4,2 millions d’oenotouristes internationaux accueillis en moyenne chaque année est donc largement franchissable. Pour ce faire, le président du CSO, Hervé Novelli, a annoncé vingt actions et mesures.
Parmi celles-ci, on trouve des initiatives intéressantes pour améliorer la qualité de l’offre et professionnaliser la filière, notamment via la création d’une chaire oenotourisme ; ou la volonté de promouvoir la consommation responsable et donc d’associer les acteurs de la filière à la prévention en intégrant la notion de « fêtes viticoles responsables » définie par Vin & Société au label Vignobles & Découvertes.

D’autres mesures évoquées, à la base très louables, ont une portée plus relative, comme la levée des freins réglementaires – depuis combien d’années parle-t-on en France de simplification ? On s’étonnera même pour certaines actions liées au développement et à la promotion qu’elles n’aient pas encore été réalisées : numérisation des entreprises, développement de synergies, création de programme oenotourisme au sein du Comité national des interprofessions des vins (CNIV), lancement des trophées français de l’oenotourisme, mise en place d’une convention alliant culture et oenotourisme, etc.


Un tourisme d'avenir ?

Œnotourisme : la culture en partage
Face à ces balbutiements franco-français, sur un marché ultraconcurrentiel, les conclusions d’une étude récente publiée par la revue médicale The Lancet, qui a évalué lesniveaux de consommation d’alcool et leurs effets sur la santé dans 195 pays entre 1990 et 2016, mettent à mal l’idée qu’en dessous d’un certain volume d’alcool, il n’y a pas d’incidence sur notre santé.

En effet, le monde compte 2,4 milliards de buveurs, dont 63 % sont des hommes, et l’alcool est responsable de la mort de 2,8 millions de personnes en 2016 ! De quoi savamment remettre en cause les leitmotivs martelés par les lobbies du vin.
 
Comment faire face à ce changement de paradigme ?

Responsabilisation, le grand mot semble lâché. Le tourisme vitivinicole connaît de nombreuses déclinaisons ; si la visite de caves et la dégustation restent les pratiques les plus répandues, la France connaît depuis quelques années un véritable renouveau des expériences proposées par des prestataires inventifs avec l’apparition de propositions originales dans toutes les gammes et sur tout le territoire. Ces propositions permettent d’aller à la rencontre des viticulteurs ou de s’évader dans les paysages viticoles pour s’y promener, y pratiquer des activités culturelles ou sportives (VTT, équitation, montgolfière…).
Elles peuvent aussi intégrer des attentes et tendances de fond telles que le bien-être, la responsabilité, l’envie de participer, d’échanger... Paysages, patrimoine et art de vivre constituent donc le triptyque d’une offre touristique unique, laquelle, pour satisfaire les visiteurs, fait appel à plusieurs corps de métier : animateurs événementiels, prestataires techniques, formateurs, guides touristiques, traducteurs, et bien sûr spécialistes du vin et oenologues.
Décliné sous forme d’animations interactives, d’un happy wine cocktail ou d’un rallye-quiz, l’oenotourisme s’inscrit toujours dans une dynamique de perception des sens et de mémoire partagée, avec des valeurs fédératrices : respect de la terre, découverte et curiosité, patrimoine et culture, altruisme et convivialité, consommation responsable… Il permet également, à travers les lieux, les activités et les concepts qui lui sont consacrés, de renforcer l’attractivité de la destination France. Une destination qui, à condition de mettre en application les changements qui s’imposent, a aujourd’hui l’opportunité de prendre le leadership mondial de cette filière.
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