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Nice, so MICE !

David Keller
20/02/2019

Entre carte postale idéale et territoire de performance économique, Nice fait du tourisme d'affaires un axe stratégique majeur, comme en témoignent les projets de sa future "Eco-Vallée". Le message est clair : MICE bienvenu !


"Quand ma femme et moi nous sommes mariés, il y a 40 ans, nous avons reçu un courrier de voeux provenant de Nice. La vue de la carte postale nous a tellement impressionnés, que nous nous étions promis d'y aller un jour. Maintenant, c'est fait."
C'est Christian  Estrosi, déjà maire de Nice, qui reçut cette confidence de Hu Jintao, en 2010. Le président chinois de l'époque avait alors fait modifier le programme de sa visite d'Etat en France : après Paris, ce serait Nice plutôt que Versailles, n'en déplaise à Louis XIV. 
L'anecdote touchera les coeurs tendres mais, surtout, révèle le caractère unique de Nice : le prestige, le fantasme, la renommée internationale, la carte postale

La Promenade des Anglais, bien sûr, la Prom' pour les intimes, douloureux lieu de mémoire depuis le terrible 14 juillet 2016, mais aussi et à jamais, lieu métonymique de la ville, qui s'étire d'est en ouest, ligne directrice d'un développement urbain qui se niche entre l'azur du littoral et le vert profond des contreforts méridionaux des Préalpes. 
Seules les aquarelles de Raoul Dufy rendent justice à cette perspective enchanteresse... Ou encore n'importe quel commandant de bord atterrissant à l'aéroport Nice-Côte d'Azur, tant la boucle gracile que l'avion décrit par dessus les flots saisit et émerveille : on la jurerait imposée par l'Office du tourisme. 

Champ de bataille

L'aéroport. Il faut s'y arrêter car il dit beaucoup de choses de la ville. 

D'abord des chiffres, qui mettent en équation l'attractivité niçoise : 1er aéroport français après ceux de Paris, plus de 13 millions de passagers annuels, 117 destinations desservies dans 40 pays, un vol quotidien vers New York et DubaI, et peut-être, bientôt, la Chine. 

Ensuite, cette réalité : l'excellence desserte aérienne pallie partiellement une accessibilité médiocre par ailleurs. L'autoroute A8, ses tarifs prohibitifs et ses 110 km/h de limitation, qu'on n'atteint, de toute façon, jamais ou presque tant le trafic y est dense. Et le train, ses panoramas de la côte qu'on a tout le temps d'apprécier pour cause d'absence de ligne à grande vitesse : 2h40 au mieux pour relier Marseille. 

La géographie n'explique pas tout : cette anomalie dans l'aménagement du territoire est une marque de l'histoire, un champ de bataille. 
Celle qui a opposé, des années durant, un maire de Marseille ministre de l'Intérieur, chef d'orchestre de la décentralisation, à la volonté hégémonique, faite du même métal que son nom : de fer. A un Jacques Médecin, caricature afairiste, ennemi rêvé qu'on n'avait même pas besoin d'inventer puisqu'il existait ! 
Dans ces conditions, la région PACA nouvellement créée était décidément trop petite pour accueillir la 2e et la 5e ville de France. 

Go West

L'aéroport, enfin. Cas unique en France, il est en ville, à 10 minutes en transports de l'ultra-centre en remontant la Prom' vers l'est. 

Ce temps de trajet très court participe de l'extraordinaire ergonomie de Nice : un congressiste peut tout y faire à pied ou en empruntant l'espace de quelques minutes les transports en commun, de la majorité de ses 10 000 chambres d'hôtel au Palais des congrès, du Palais des congrès à l'aéroport, en déambulant dans le coeur de ville, sans jamais s'éloigner de la mer, sans jamais croiser ni no man's land, ni zone industrielle. 
Exceptionnel pour une ville de 340 000 habitants. Et, de l'aéroport, ce côté sera plus accessible encore puisque le tram reliera bientôt le port, limite orientale de la Prom', en 20 minutes. Les travaux sont en cours; d'ailleurs, dans les environs de l'aéroport, tout est en travaux. 

Mais c'est dans l'autre direction que les pelleteuses s'affairent : vers l'ouest, où s'ouvre la Plaine du Var, la nouvelle frontière, seul horizon d'extension territoriale de la ville
Il s'agit d'une opération d'intérêt national, comme le furent La Défense ou Marne-la-Vallée en leur temps, qui consiste à faire émerger sur 10 000 ha une "Eco-Vallée", telle que les porteurs de ce programme public-privé la qualifient. 
Le stade Allianz Riviera a été, en 2013, le 1er élément sorti de terre donnant corps au projet. 

Complémentarité

Par différentes phases, la technopole Meridia ou les 400 000 logements prévus dans des éco-quartiers intelligents concrétiseront l'identité "développement durable et high-tech" de l'opération. 
Fin 2019, la gare intermodale proche de l'aéroport constituera le hub aéro-ferroviaire des Alpes Maritimes.

Lui fera face le quartier du Grand Arénas : 49 ha ayant vocation à devenir un quartier d'affaires international du XXIe siècle. En mars dernier, on y a posé la 1re pierre de l'immeuble Connexio. 
A la rentrée 2019, les services municipaux investiront ses 8000 m2 de bureau : un déménagement en forme de signal du déplacement de la gravité de la ville, ou, finalement, de son rééquilibrage vers l'ouest, avec un centre historique qui sera désormais véritablement central. 
Conçu comme un lieu de travail et de vie par l'architecte urbaniste Josep Lluis Mateo, ce nouveau quartier va accueillir, outre des buildings du tertiaire, des équipements, des commerces, mais aussi 2000 logements et une dizaine de gros porteurs, dont un Sheraton, un Neo Hotel, un Hilton et un 5* comprenant un mall de luxe. 

A la place du marché d'intérêt national, qui doit déménager plus loin dans la vallée, s'installera un parc des expositions de 70 000 m2 qui devrait aussi abriter un centre des congrès en complément du central Acropolis.
"En complément", l'expression est importante : il ne s'agit pas de remplacer des équipements existants mais d'enrichir l'offre, d'intégrer la nouveauté, de la connecter au centre de la ville, à sa partie orientale, dédiée à la santé et à la silver economy, et à la petite Silicon Valley qu'est Sophia-Antipolis, avec, entre ces différents pôles, un tram à haute fréquence. 

L'idée, pour s'en tenir au MICE, est de proposer un champ des possibles allant du séminaire au congrès de plusieurs milliers de personnes. 
Plusieurs milliers de personnes comme à l'occasion de cette convention Tianshi, un fabricant chinois de produits de parapharmacie, qui en avait réuni 6 400, en 2015. Car depuis quelques années, Nice (trop onéreuse pour le tourisme de masse venu d'Asie au début des années 2000) est très prisée en Chine; depuis que les étudiants chinois, toujours plus nombreux aux abords de la Baie des Anges, s'en retournent chez eux en prescripteurs zélés de la destination; depuis que la ville fait sa promo soft power en exportant son carnaval dans diverses villes de l'Empire du Milieu; depuis les images multidiffusées en Chine d'un président Hu Jintao, visiblement ravi sur la Promenade des Anglais. A Nice, tout commence toujours par une carte postale. 
 
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