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LE MAGAZINE DE L'ÉVÉNEMENTIEL EN FRANCE
Événements & Conventions

La planète en quarantaine

20/03/2020

En février 2020, année bissextile oblige, nous avons eu droit à un jour de « rab ». C’est le jour où tout a basculé en France. Depuis, le Covid-19 chahute nos vies.


Le 20 février 2020, un communiqué d’ICCA pointait encore la résilience et les signes de confiance de la meeting industry mondiale. Certes, la région Asie-Pacifique avait été impactée par la crise sanitaire avec des annulations et des reports. Mais une immense majorité d’événements avait été maintenus. Et visio-conférences, marketing digital et streaming avaient pris le relais. Dans la grande famille du tourisme international, les transports aériens et les opérateurs liés à l’Asie ont souffert avant l’événementiel. Mais, alors que des signes d’après-crise commencent à nous parvenir de Chine, le reste du monde est entré dans une zone de turbulences vertigineuse.

Chronologie affolée

Samedi 29 février, au lendemain de l’annonce de l’annulation d’ITB Berlin, le gouvernement français interdit les manifestations réunissant plus de 5 000 personnes. Dès lors, tout s’emballe : report de grands événements mais aussi de petits par « contamination » psychologique. On connaît la suite : la jauge tombe à 1 000 personnes le 8 mars, à 100 le 13. Fermeture des commerces non essentiels le 14 à minuit sur fond de bouclage des frontières partout dans le monde, entraînant le chaos des liaisons aériennes.

Pour les manifestations pas trop proches dans le temps, certains veulent croire que la crise ne va pas durer. A ce jour, les JO d’été de Tokyo et le Festival d’Avignon sont maintenus. En revanche, le Festival de Cannes a jeté l’éponge ce matin (20 mars) : repoussé sine die. Et d’autres grands rendez-vous à des dates lointaines sont d’ores et déjà reportés ou annulés. Car comment les organiser désormais ? 
 

Gestion de crise & solidarité

La planète en quarantaine
Dans l’événementiel comme dans le tourisme, les équipes gèrent cette crise hors norme avec le professionnalisme de secteurs agiles, rompus aux imprévus. Mais tous ces mois de préparation annulés d’un trait… Et tout ce vide dans le futur proche… Dès le lundi 2 mars, les organisations professionnelles du secteur font appel aux pouvoirs publics. Unimev demande la création d’un fonds de solidarité nationale, rappelant au passage le poids de la filière (20 Md€ pour les acteurs de l’événementiel, 19,5 Md€ de retombées économiques) et de ses flux d’affaires (34,5 Md€ générés entre exposants et visiteurs sur les salons et foires, dont 68% au bénéfice des entreprises françaises). LEVENEMENT fait entendre la voix des organisateurs d’événements d’entreprise et d’institution, une étude publiée en novembre dernier permettant à cette filière protéiforme de communiquer simplement : 1 000 événements organisés chaque jour en France, générant 335 000 emplois (équivalents temps plein) et 31 Md€ de retombées économiques.

Le gouvernement entend le message et, c’est inédit, appelle les clients de ce secteur composé d’une chaîne imbriquée de PME et TPE, d’indépendants et de free lance, à faire preuve de solidarité. Comme dans le tourisme en général - ou la culture - le mot d’ordre est : reportez, n’annulez pas et laissez la trésorerie dans les tuyaux pour permettre aux entreprises et aux indépendants de survivre et d’être au rendez-vous de la reprise, quand cette crise prendra fin.

Loin d’être simple… Après la gestion des annulations, l’heure est à celle des volets social et économique. Heureusement, la solidarité s’organise. Traiteurs et restaurants ont donné leurs surplus alimentaires à des associations ; hôtels ont proposé d’héberger le personnel soignant. LEVENEMENT est mobilisé par la mise en œuvre du plan de soutien gouvernemental, et s’engage à offrir les compétences de ses membres pro bono dans le cadre du plan de relance qu’il faut anticiper. Mardi, Unimev a aussi fédéré la parole de nombreux gestionnaires de sites événementiels à travers l’Hexagone qui mettent leurs espaces et leur savoir-faire au service des autorités sanitaires. En attendant des jours meilleurs. 
 

Confinement, Jour 4

L'eau limpide des canaux de Venise
L'eau limpide des canaux de Venise
En février, quand nous avons bouclé le numéro mars/avril 2020 d’EC, la lutte contre le dérèglement climatique nous paraissait être le défi majeur de nos sociétés mondialisées qui, chaque année, font inexorablement avancer le fameux jour du dépassement. Et le « vert » avait été le fil rouge de l’éditorial.

Depuis lors, un virus crée la panique dans nos vies. Mais il permet aussi à notre bonne vieille planète de se reposer un peu. On a tous vu les photos satellites de la Chine et les images des canaux de Venise. Hier, un seul avion a traversé mon ciel parisien, très bleu par la fenêtre. Aujourd’hui, nous entrons en état d’urgence sanitaire. A nous de mettre à profit ce temps spécial pour réfléchir. Car il faut se serrer les coudes pour que l’après-crise soit la plus douce, la plus solidaire possible. Avec de belles rencontres personnelles et professionnelles à la clef. D’ici là, et selon la formule consacrée : prenons soin de nous. Ce qui, au fond, devrait être un mantra pour chaque jour.
 
A bientôt,
 
L’équipe d’Evénements & Conventions
 
 
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