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L’hybridation va devenir le nouveau « normal »

18/03/2021

Le Comité Régional de Tourisme Côte d’Azur France a présenté les résultats d’une étude portant sur les tendances du secteur de l’événementiel consécutives à la crise sanitaire. Restitution et état des lieux avec Claire Behar, directrice du CRT.


E&C : Quelle est aujourd’hui la situation de l’écosystème « tourisme d’affaires » sur la Côte d’Azur ?
Claire Behar : L’impact de la crise sanitaire est plus important encore que pour le tourisme de loisirs. Le tourisme d’affaires a été le premier à être touché et il sera le dernier à repartir car c’est un secteur qui a besoin de visibilité et de délais pour redémarrer. Une étude réalisée fin janvier par Provence Côte d’Azur Events (PCE) auprès de ses membres, professionnels du secteur, relève des pertes de chiffre d’affaires de 60 à 80 % pour plus des trois quarts des sondés membres de PCE en région Sud. Sur le terrain de l’emploi, les pertes ont été limitées pour l’instant grâce au chômage partiel mais si les règles venaient à changer, il y aurait certainement de lourds dégâts.
 
E&C : C’est dans ce contexte difficile que vous avez commandé une étude au cabinet Arthémuse sur l’évolution de l’événementiel. Quel était l’objectif de cette étude ?
Claire Behar : Tout l’enjeu, c’était de partir de la réalité pour pouvoir anticiper, faire des scénarios, savoir nous repositionner à l’heure de la reprise, préparer notre communication et informer nos professionnels pour qu’ils puissent investir en conséquence. Pour cela, Arthémuse est allé à la rencontre de 18 acteurs du secteur événementiel à travers le monde et a analysé 15 événements internationaux innovants organisés en 2020, en complétant ces prospections par des recherches documentaires et académiques. Et la restitution de cette étude nous a permis de distinguer ce que devraient être les grandes tendances du tourisme d’affaires dans les années à venir.
 
E&C : Quelles sont ces tendances ?
Claire Behar : Ce n’est pas une surprise : la principale est la digitalisation, qu’elle se déploie en parallèle de la réunion physique ou qu’elle s’y substitue. C’est une tendance qui était déjà émergente en 2019 et que la crise sanitaire n’a fait qu’accélérer. C’est un fait : avec un surcroît de 50 à 100 % d’audience apporté grâce à son développement sur certains événements, le digital va devenir une donnée incontournable et les palais des congrès doivent rapidement investir en conséquence.
 
E&C : Cette digitalisation à marche forcée est-elle possible pour tous les événements ?
Claire Behar : Cette substitution est plus facile à imaginer pour les événements consistant surtout à transmettre des connaissances, comme les congrès médicaux par exemple. Pour ce type d’événements, l’expérience montre que le digital permet même d’élargir l’audience au-delà de ce qu’il est possible de faire en « physique ». Il n’y a cependant pas de modèle économique associé à ce jour aux événements purement digitaux. En fait, tout semble indiquer que l’hybridation s’apprête à devenir le nouveau « normal ». En revanche, pour les événements d’affaires davantage orientés vers la rencontre et la contractualisation, le face-à-face restera essentiel, même si les organisateurs vont devoir faire preuve de créativité pour apporter du contenu et convaincre de la valeur ajoutée de leur événement physique par rapport au digital, animer une communauté d’intérêt avant et après l’événement, lier encore plus l’événement au territoire pour convaincre les participants que c’est « ici et pas ailleurs » qu’il faut se rencontrer.
 
E&C : Cela conduirait les opérateurs de la Côte d’Azur à se positionner plus particulièrement sur quels secteurs ?
Claire Behar : L’étude a mis en avant des secteurs comme l’entertainment-media, la mobilité – smart cities –, la cyber-sécurité, le luxe, l’art de vivre… Mais c’est à chaque ville ou territoire de se positionner en fonction de ses pôles de compétitivité et de sa stratégie de développement pour faire en sorte que le présentiel ait toute sa justification. Quels que soient les axes choisis, elles devront néanmoins pour se démarquer tenir compte d’une autre tendance forte relevée par l’étude : celle de la montée en gamme des événements. Le parcours client doit être optimisé et les congrès vont devoir élaborer une véritable stratégie de « festivalisation » en multipliant les expériences dans les murs et hors les murs. Pour les palais des congrès, l’étude démontre que le temps de la simple « vente de mètres carrés » est définitivement révolu !
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