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Bordeaux : la fiancée de la Garonne

Pascale Mougenot
27/03/2019

Son histoire est intrinsèquement liée à celle de son port, et ses vins ont fait d’elle une marque mondiale. Après avoir réinventé son coeur de ville, Bordeaux revitalise ses quartiers périphériques : ses ambitions urbanistiques vont de pair avec une attractivité renouvelée.


La Cité du Vin
La Cité du Vin

«Prenez Versailles et mêlez-y Anvers, vous avez Bordeaux » : la formule de Victor Hugo fait toujours mouche, même si Bordeaux n’est plus un grand port.


Aujourd’hui capitale de la Nouvelle-Aquitaine, c’est une ville administrative et de services - les deux tiers des emplois - jouissant d’une longue tradition universitaire et scientifique.
Son centre historique - désormais piétonnier et sillonné de tramways - s’imbrique dans la cinquantaine de communes qui l’entoure.

S’étendant sur un bon millier de km2, l’agglomération bordelaise accueille les deux tiers des habitants de la 6e métropole de l’Hexagone. Mosaïque de quartiers non concentriques parcourus de frontières invisibles, l’ensemble aurait presque un petit air nord-américain… Mais les traditions de la belle girondine sont pluriséculaires.
À l’époque gallo-romaine, les astucieux vignerons de Burdigala ont créé le premier cépage capable de produire du vin en dehors du bassin méditerranéen. Deux mille ans plus tard, la région est toujours fortement marquée par la viticulture : 700 millions de bouteilles y sont produites chaque année.
Et si le nom de Bordeaux est connu dans le monde entier, c’est parce que, comme Porto, il évoque de prestigieux nectars. Il arrive même que des Anglo-Saxons s’étonnent d’apprendre que Bordeaux est une ville…

Un cosmopolite ancré dans l'Histoire

L’Aquitaine a été anglaise pendant trois siècles et l’export de ses vins outre-Manche est documenté depuis le haut Moyen-Âge. Car Bordeaux est une commerçante dans l’âme. Bois, drap, vin, morue, tout s’échangeait dans le port de la Lune, ainsi nommé car la Garonne forme ici une boucle en forme de croissant.

Un temps le comptoir le plus méridional de la Ligue hanséatique, il a ensuite participé à la traite négrière et est resté étroitement lié aux Antilles et à l’Afrique de l’Ouest jusque dans les années 1950 : de l’huilerie Lesieur aux fabriques de cacao et de rhum Negrita, les « vieilles » industries du quartier Bacalan témoignent de ce tropisme.
À la veille de la Révolution, le premier port de France affiche une souveraine beauté. Car le XVIIIe siècle a été un âge d’or : s’extrayant de ses remparts médiévaux, le Bordeaux des Lumières érige des hôtels particuliers et un Grand Théâtre, dessine de larges allées et des places d’une folle élégance.

Ce remarquable corpus classique en pierre de taille est inscrit au patrimoine de l’Unesco depuis 2007 : 1 810 hectares symbolisant « le succès des philosophes qui voulaient faire des villes un creuset d’humanisme, d’universalité et de culture ». La bourgeoisie locale est toujours constituée en partie de grandes familles d’origine anglaise, hollandaise ou encore marrane.

Des chantiers redessinent les frontières

Historiquement, la ville s’est surtout développée sur la rive gauche de la Garonne et jusqu’à la mise en route du tramway, les Bordelais « bon teint » avaient du mal à considérer la rive droite, plus industrielle, comme partie intégrante de leur cité.

Ils ont appris à élargir leur point de vue. Car c’est l’ensemble du tissu ouvrier d’hier qui se métamorphose. Au nord, Bacalan se réinvente autour de la Cité du Vin, sa nouvelle icône : entreprises innovantes, hôtels d’affaires, restaurants, musées investissent l’éco-quartier. Bientôt, une promenade rendra les Bassins à flot aux piétons, courant jusqu’à la base sous marine qui abritera des expositions immersives imaginées par les créateurs de Culturespaces. À deux pas, le musée Mer Marine sera inauguré au printemps 2019.

Côté sud, le gigantesque chantier Bordeaux-Euratlantique hérisse de grues le quartier de la gare, autrefois malfamé, et s’étend sur les communes de Bègles et Floirac. C’est ici que trône la salle Bordeaux Métropole Aréna de Rudy Ricciotti (11 300 places), ici que s’apprête à rayonner la MECA (Maison de l’économie créative et de la culture en Nouvelle-Aquitaine).

En parallèle, la réhabilitation du centre historique a séduit les faiseurs d’opinion : European Best Destination en 2015, deuxième destination à visiter en 2016 pour le New York Times, ville la plus attractive du monde pour Lonely Planet en 2017… Année qui a vu la fréquentation touristique battre des records, tirée par une accessibilité renforcée : en juillet, la ligne LGV a mis Bordeaux à 2 heures de Paris tandis que les liaisons aériennes continuaient à s’étoffer (6 millions de passagers transportés v/s 5 millions en 2015).
Ryanair vient de choisir Bordeaux pour installer une de ses bases en France et Air Canada s’envolera de Mérignac en 2019… De quoi justifier s’il en était encore besoin le projet d’extension de l’aéroport, assorti de la création d’une ligne de tramway le reliant à la ville.

2019, une nouvelle ère pour les congrès

Même si la majorité des manifestations professionnelles accueillies à Bordeaux l’an dernier ne répondaient pas aux critères ICCA, la position de la ville dans ce classement emblématique a bondi : 5e rang français, 90e mondial. Et ce n’est qu’un début puisque le futur Hall du Parc des Expos de Bordeaux Lac pourra contenir 6 000 personnes assises.

De quoi susciter des vocations parmi les Ambassadeurs des filières d’excellence de la métropole, toutes susceptibles de déclencher de grands congrès. Citons l’aéronautique, l’optique et les lasers avec le fameux Mégajoule, le bois landais autour de la construction durable, la viticulture, les neurosciences désormais fortes d’un gros campus inauguré en 2016 ou encore la santé à travers la cardiologie et l’oncologie notamment.

Les TIC sont également un axe porteur. En 2020, Bordeaux recevra ainsi le Championnat du monde de robotique, une compétition à vocation de recherche : c’est le genre de congrès que les villes adorent accueillir car il fédère toute une économie R&D et attire de très nombreux visiteurs. Séduits par un art de vivre inimitable, entre vignobles et océan, certains pourraient même avoir envie de venir s’y installer : utiliser le tourisme pour promouvoir son attractivité, tel est le cercle vertueux dans lequel la belle girondine souhaite désormais s’inscrire.
 
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